lundi 2 août 2010

La santé à l'épreuve du faux

Médicaments (cc) Pöllö
Wikicommons
200 milliards de dollars: c’est, selon l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD), le montant que représenterait le marché de la contrefaçon de médicaments en 2009, un marché en pleine expansion.





En matière de traffic, après les DVD (cf notre post du 26/05/2010), les médicaments sont le nouvel eldorado des contrefacteurs et des réseaux mafieux : ils représentent 5% des saisies douanières en France, 10% en Europe, soit près de 2 millions de produits saisis. Un chiffre en augmentation constante avec une diversification inquiétante de l’offre.


Si les faux comprimés de « Viagra » font course en tête, ils sont rattrapés par les anti-inflammatoires, anti-douleurs, antiseptiques mais aussi des médicaments pour le cœur ou le foie.
Ce développement a des conséquences dommageables, certes pour les titulaires de droits de propriété intellectuelle mais aussi pour les patients, victimes bien malgré eux. Les médicaments contrefaits sont le plus souvent sous-dosés, sur-dosés quand ils ne sont pas de simples placebos mais la distinction des faux par rapports au vrai est un véritable casse-tête aux implications plus graves qu'une contrefaçon de sac à main.

Car, selon l’OMD, chaque année 200 000 personnes meurent des suites de leur utilisation. Une estimation dont la fiabilité pose question quant aux conditions et critères de son évaluation, sans pour autant remettre en cause les dangers indubitables de ce marché parallèle.

Relativement épargnés, les pays riches livrent une bataille féroce contre la contrefaçon de médicaments. Mais en réalité, les victimes premières sont les populations des pays en développement où la contrefaçon s’immisce dans des traitements vitaux comme ceux contre le paludisme, le VIH ou la tuberculose: ainsi 70% des antipaludéens sont des faux.

Où trouver la solution à ce trafic inique? Dans le développement des génériques ? L’octroi de licences par les laboratoires pharmaceutiques ? Le renforcement des droits de propriété intellectuelle? mais n’est-ce pas la cherté du produit et sa rareté qui font que la contrefaçon prolifère? Qu’en pensez-vous ?

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