mardi 11 mai 2010

La jurisprudence balance

Hébergeur, éditeur, hébergeur, éditeur... entre les deux qualifications, une valse-hésitation sur leur définition et le champ d'intervention de ces acteurs de l'Internet. Un débat juridique qui semblait avoir été tranché par  l'arrêt du 14 Janvier 2010 dans l’affaire Tiscali (post du 19/01/2010). 

La Cour de Cassation avait décidé que le fait de proposer de la publicité payante sur un site internet relevait de l’activité d’un éditeur circonscrivant l'hébergeur à un strict prestataire technique. La Cour d’Appel de Paris n'a pas fait sienne cette interprétation de la loi, entrant ainsi en résistance dans un arrêt du 14 avril 2010

Dans cette affaire, les humoristes Omar et Fred, agissant contre Dailymotion pour contrefaçon, avaient repris la thèse de la Cour de Cassation, refusant la qualité de prestataire technique à la société qui se livrait à une exploitation commerciale des contenus illicites  par la vente de publicités diffusées sur son site. 

Les juges parisiens ne les ont cependant pas suivis, considérant que « l’exploitation d’un site par la commercialisation d’espaces publicitaires, dès lors qu’elle n’induit pas une capacité d’action du service sur les contenus mis en ligne, n’est pas de nature à justifier de la qualification d’éditeur ». 

Selon la Cour d’Appel donc, le critère n’est donc pas celui du bénéfice économique mais de la capacité à agir sur les contenus mis en ligne. 

Un retour à une interprétation moins stricte de la responsabilité limitée des hébergeurs. Voyons quelle direction prendront les autres juridictions: plutôt Cour de Cassation ou Cour d'Appel de Paris? Entre les deux, leur coeur balance? Laquelle est selon vous la plus pertinente?

2 commentaires:

  1. Les recettes publicitaires des pages Web sont directement ou indirectement liées à la fréquentation du site, et donc.. à l'intérêt que portent les internautes au contenu hébergé...

    Le lien entre hébergeur "commerçant" et contenu est de mon point évident et indiscutable.

    Je n'arrive même pas à saisir l'argument de la cour d'appel... il faut qui j'y réflechisse...

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  2. Bonjour,

    Merci de votre fidélité à notre blog!

    Je comprend votre circonspection face à la décision de la Cour d'Appel.

    Elle considère que le fait de profiter de revenus publicitaires ne peut à lui seul entraîner la qualification d'éditeur.

    Ce qui peut se comprendre puisque éditeur est celui qui par définition édite un contenu.

    Mais le problème provient d'une carence du législateur dans la LCEN du 21 juin 2004 qui n'a pas clairement défini l'hébergeur et l'éditeur.

    Une précision est plus que souhaitable, en attendant nous sommes condamnés à voir la jurisprudence balancer.

    N'hésitez pas à nous contacter si votre réflexion tourne mat!

    A bientôt!

    Aude

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