mercredi 25 août 2010

Astérix résiste toujours et encore à l’envahisseur romain mais pas à Mc Do…

Par Toutatis ! Le ciel est tombé sur la tête des BDvores et amateurs du célèbre gaulois moustachu depuis que  Mc Donald a dévoilé sa nouvelle campagne publicitaire. 

Pour illustrer son slogan « Venez comme vous êtes », la chaîne de fast food a frappé un grand coup, faisant appel après King-Kong, Dark Vador ou Cendrillon, à Astérix et compagnix pour illustrer ses encarts.

EuroRSCG pour Mc Donald's
L’image désormais culte du village gaulois festoyant est ainsi transposée à l’intérieur d’un restaurant Mc Do situé en plein milieu de la forêt, ce qui n’est pas peu banal, vous en conviendrez.

Il n'en fallait pas plus pour déclencher l’ire des amateurs de bulles, de blogueurs et anonymes qui n’ont pas hésité à dénoncer avec émotion un « détournement », voire même un « sacrifice de leur héros d’enfance ». 
Ce dessin n’est pourtant pas une utilisation indue et contrefaisante d’un des plus célèbres gaulois. L’auteur, Albert Uderzo, ainsi que ses éditeurs ont cédés en toute connaissance de cause leurs droits, le premier mettant même son studio à disposition pour la réalisation graphique. 

Dès lors, rien ni personne ne peut les empêcher de jouir de leurs droits d’auteur ou de marque comme ils l’entendent. C’est un des apanages de la propriété, qu’elle soit intellectuelle ou réelle : le droit de faire ce que l’on veut de son bien, le dénaturer voire même le détruire. 

Reste que, si Astérix est l’œuvre d’Albert Uderzo il est aussi celle de René Goscinny aujourd’hui décédé. Or aucune mention n’est faite de l’accord de la fille et ayant droit de ce dernier, Anne Goscinny. 

En tant que titulaire du droit moral, droit incessible et intemporel, elle pourrait remettre en cause une cession de droits qui altèrerait l’œuvre de son père ou son esprit, à l’instar de Didier Barbelivien et Gilbert Montagné pour la chanson « On va s’aimer » transformée par une célèbre chaîne de cafétéria en « On va fluncher » après une cession des droits par leur éditeur… 

Le droit moral de l’auteur  permettant ainsi à l’ayant droit de s’assurer du respect de toute création même après la cession ou la cessation de ses droits patrimoniaux. 

Ce coup de menhir pourrait donc être une piste à envisager pour sauver le célèbre moustachu du consumérisme. Mais son application est plus que douteuse puisqu’en 2001 Astérix avait remplacé Ronald pour promouvoir la sortie du film "Astérix et Cléopâtre" sans qu'aucune procédure ne soit engagée. Mais à l’époque, l’émotion n’avait pas été si grande, en tous cas moins relayée. 

Est-ce à dire qu’entre temps, Astérix est entré dans le Panthéon des icônes nationales, de cette idée d'identité? Est-ce l’expression d’un repli identitaire ou simplement un élan du coeur de quelques irréductibles fans nostalgiques? La publicité peut-elle tout consumér...iser? Qu’en pensez-vous?

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